Donald Trump peut bien s’y attaquer, tant qu’il y aura des artistes pour la créer et la chanter, et un public pour la célébrer, comme ce fut le cas mardi soir lors de la SuperFrancoFête, la culture francophone continuera à rayonner.
Les grands noms et les grands classiques de la francophonie ont fait vibrer l’Agora du Port de Québec lors du traditionnel Grand concert de la francophonie, quelques jours après que la découvrabilité de notre culture sur les grandes plateformes s’est retrouvée au cœur des tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada.
Le hasard du calendrier n’a pas échappé au ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, invité à prendre la parole avant le début du spectacle.
« Est-ce que notre langue est négociable ? Non. Notre culture ne sera jamais l’objet de négociations commerciales. Jamais », a-t-il martelé.
Émouvoir
La meilleure réponse au président américain est venue des cordes vocales des artistes de France, de Belgique, des Antilles et du Québec qui étaient réunis pour ce spectacle, devenu une tradition de la SuperFrancoFête et qui sera télédiffusé dans toute la francophonie.
Dans une soirée qui a célébré l’œuvre de plusieurs vedettes de l’Hexagone, en particulier celle de Michel Sardou, un peu tout le monde a réussi à émouvoir la foule de plus de 7000 personnes, à commencer par nos puissantes voix québécoises Isabelle Boulay et Bruno Pelletier.
Celui-ci, en donnant la réplique à Hélène Ségara sur la monumentale Je vais t’aimer, a suscité les premiers émois de la soirée lors d’un pot-pourri collectif de succès de Sardou salué par une ovation.
« On dirait la fin du spectacle », s’est réjoui Garou, qui était de retour à l’animation avec le Français Cyril Féraud.
Ça plane
Ce n’était pourtant que le début et les occasions de fêter, en solo, en duo, en trio ou en groupe, n’allaient pas manquer. De la figure marquante du rap français MC Solaar, qui a notamment formé une sympathique paire inédite avec Véronic DiCaire sur Nouveau Western, au toujours énergique Plastic Bertrand, en passant par l’increvable Diane Dufresne, l’infatigable Plastic Bertrand, Liane Foly et La compagnie créole, ça planait haut pour les nostalgiques.
Des incursions dans les répertoires de Mylène Farmer, Daniel Balavoine, Joe Dassin et Charles Trenet étaient aussi au programme, mais au rayon des reprises, c’est encore le duo Ségara-Pelletier qui a volé la vedette avec son épique Vivo Per Lei, d’Andrea Bocelli.
Ycare, impeccable sur Ne me quitte pas de Jacques Brel, a profité de son passage à Québec pour saluer Céline Dion et chanter un extrait de Bonjour, pardon, merci, titre qu’il lui a écrit et paru plus tôt cet été.
Les jeunes épatent
La nouvelle génération a aussi soulevé la foule. Peu connue chez nous, la Française Linh a reçu une ovation bien méritée en s’appropriant Je vole – autre titre de Sardou – avec une sensibilité et une justesse rappelant l’inoubliable interprétation de Louane dans La famille Bélier.
Son compatriote Julien Lieb, autre étoile montante, a aussi touché la cible, lui en reprenant Vladimir Illitch, alors que notre nouvelle idole bien de chez nous, Lou-Adriane Cassidy, a bénéficié d’une belle vitrine pour entonner son désormais incontournable Dis-moi, dis-moi, dis-moi. Autre ovation.
Après ce succès et cinq ans de SuperFrancoFête, il faudra maintenant voir comment les organisateurs parviendront à renouveler ce spectacle à grand déploiement sans tomber dans la redite lors des prochaines années. Une chose est cependant certaine : tous les Donald Trump de ce monde ne pourront nous empêcher de chanter et danser en français.